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Ligne 18 : 4 maires proposent des alternatives au métro aérien
16/04/2018
  • Aménagement du Territoire
Saclay, le 14 février. Les maires de Saclay, Villiers-le-Bâcle, Châteaufort et Magny-les-Hameaux ont organisé une conférence de presse pour rappeler leur opposition à la partie aérienne de la ligne 18. Ils estiment aussi que le métro n’est pas la bonne solution aux soucis de transports du plateau de Saclay.

Diaporama

Depuis des mois, le slogan « on veut la ligne 18 en 2024 » semble faire l’unanimité en Essonne. Les élus locaux, départementaux et parlementaires multiplient les plans de communication pour le faire savoir et pour convaincre le gouvernement de l’utilité de cette ligne pour le développement du plateau de Saclay. À l’occasion d’une conférence de presse, quatre « maires de village » ont fait entendre une voix tout à fait discordante.
Soutenus par une dizaine d’associations et de collectifs*, les quatre maires «préconisent des solutions plus souples». Ils viennent de décrocher un rendez-vous le 29 mars prochain avec le cabinet du Premier ministre pour en discuter.
Les élus contestent la ligne de métro qui doit relier l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) à la gare de Versailles-Chantiers (Yvelines), « une ligne de prestige, surdimensionnée, trop coûteuse et ne répondant plus aux besoins du plateau». 
Les maires, ainsi que les associations, ont d’ailleurs déposé un recours contre le tracé, en particulier sur les 13 km prévus en aérien.
 
Un téléphérique « suffit amplement 
« Les terres agricoles sous ce viaduc seront menacées, scandent Patrice Gilbon et Christian Page, maires de Villiers-le-Bâcle et Saclay. Car il générera 22 ha de zone d’ombre [NDLR : pour installer les pylônes du métro, une route en cas d’évacuation des passagers…]. Une enclave qui ne pourra plus être cultivée, et que les autorités finiront par rendre constructible alors que ces champs sont censés être protégés. ».
Aérien ou pas, ces quatre villages et les associations misent sur des solutions alternatives « moins onéreuses » que le métro et pouvant « résoudre les problèmes de transport sur le plateau beaucoup plus rapidement que l’horizon 2024, 2026 ou on ne sait quelle date supposée de livraison de la ligne 18 ».
 
Renforcer les réseaux existants plutôt que construire
Comme le téléphérique. « Dans ses prévisions les plus hautes, IDF Mobilités prévoit d’ici 2030 des charges maximales aux heures de pointe sur le plateau de 4 900 passagers par heure, détaillent les frondeurs. Une liaison câblée entre Orsay et le quartier du Moulon autour de CentraleSupélec pourrait transporter 4 000 passagers par heure. 
Complété par les 1 800 usagers des bus circulant en site propre, cela suffit amplement. »
Ils insistent aussi sur la « nécessité » de s’appuyer, renforcer et améliorer les réseaux existants, à commencer par le RER B et RER C. 
 
« Le Grand Paris reste figé sur un axe Est-Ouest alors que cela ne correspond pas aux besoins, poursuivent les contestataires. Parmi les flux du plateau de Saclay, seulement 20 % émanent de personnes venant de Paris. Environ 80 % sont Essonniens et se déplacent du Sud vers le Nord du plateau. » 
Ils comptent aussi sur le développement de sites propres (pour relier Versailles-Satory à l’aéroport d’Orly par exemple) et sur le tram-train censé relier Massy à Evry et « encore retardé à cause de la ligne 18 ».
 
*France nature environnement Ile-de-France, Union des Amis du Parc de la haute vallée de Chevreuse, l’association des amis du Grand Parc de Versailles et celle des vallées de Bièvre, Terres fertiles, Les Jardins de Cérès Amap, Essonne Nature Environnement, Union d’Associations de Sauvegarde du Plateau de Saclay.
 
Article paru dans le journal "Le Parisien, édition Essonne - 15/02/2018